À l’Ouest l’innovation, à l’Est le marché

Chaque jour apporte sur la planète mobilité son lot d’inventions pour continuer à faire de l’automobile l’outil de liberté exceptionnel qu’elle a toujours été : innovations technologiques sur les nouvelles motorisations, la connectivité ou l’autonomie des véhicules, nouveaux services, création de start-ups et de nouveaux acteurs, expérimentations de toutes natures.

Osons un paradoxe : ces inventions sont pour l’essentiel faites à l’ouest et en particulier aux États-Unis, mais leur territoire d’application de masse sera sans doute à l’est et notamment en Chine.

Jugeons-en par l’actualité récente : à l’ouest, la confirmation d’Apple de son intérêt grandissant et stratégique pour le véhicule autonome, le lancement d’un concours « Smart City » sponsorisé par le DOT américain, la présence de plus en plus visible des constructeurs et équipementiers mondiaux dans la Silicon Valley à l’instar de BMW qui vient de s’y installer pour suivre les opportunités offertes par les start-ups, et début janvier la nouvelle édition du Consumer Electronics Show de Las Vegas qui ne manquera d’apporter son lot de surprises et de bouleversements.

À l’est en Chine, un interventionnisme public et réglementaire qui ne va pas laisser d’autre choix face au niveau de pollution que le passage en masse aux véhicules électriques (10 % des véhicules produits ou importés devront être à zéro émission dans 3 ans et Renault ne s’y est pas trompé et a annoncé le lancement prochain d’une petit véhicule électrique très innovant et low-cost), comme cela a été fait pour les deux-roues (25 millions de deux-roues électriques produits et vendus par an), de multiples partenariats ou projets qui associent les constructeurs aux acteurs publics comme le dernier en date de Hyundai avec la province de Guinzhou pour créer un mégacentre de données partagées sur le véhicule autonome, une population qui se déclare favorable au véhicule autonome à 87 % (contre un pourcentage moitié moindre en Europe), etc. Tous les ingrédients semblent présents : règlementation, marché important et volonté des clients.

Ce partage Est-ouest est évidemment réducteur. Mais il indique que si le marché chinois est devenu le premier marché du monde, il sera sans doute aussi le premier à voir la généralisation en masse de l’automobile de demain.

Auteur: Jacques CHAUVET

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