Digital Twins : les banques, de gestionnaire de capitaux à gestionnaire d’identité ?

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IoT, objets intelligents, Blockchain, chatbot sont autant de technologies en passe de révolutionner nos interactions avec le monde réel ou virtuel. Parmi ces innovations prêtes à disrupter notre quotidien, l’une d’entre elles restent encore méconnue du grand public : les digital twins ou « jumeaux numériques ».

 

Identifié par Gartner dans le top 10 des tendances technologiques stratégiques pour 2018, les digital twins représentent un atout majeur dans l’industrie et les services.

Cette technologie, permettant de modéliser une version virtuelle d’un actif physique est d’ores et déjà utilisée dans de nombreux secteurs industriels par exemple. Ce « double », principalement destiné à des fins d’analyse, de simulation et de tests permet notamment d’anticiper un dysfonctionnement ou encore d’optimiser la conception d’un produit.

A l’aide de capteurs permettant de collecter, d’analyser et de modéliser des millions de données, Airbus a pu améliorer sa chaîne de production, EDF ambitionne de créer un jumeau numérique du parc nucléaire français d’ici à 2020 tandis que le géant de l’automobile Tesla propose des mises à jour logicielles régulières via un pilotage à distance son parc automobile.

Les digital twins représentent donc une belle promesse de réduction des coûts, d’amélioration continue du cycle de vie produit et d’optimisation de l’expérience client.

Alors que les applications se développent à vitesse grand V dans l’industrie, il est un aspect connexe de la technologie sujet à de nombreuses interrogations (mais également promesse d’une bataille annoncée entre nombre de grandes institutions) : la gestion du « digital moi » ou jumeau numérique d’une personne physique.

 

Notre double numérique est présent partout, tout le temps

Nom, prénom, adresse, email, nom d’utilisateur, mot de passe, pièce d’identité, numéros de cartes bancaires (etc.) sont autant de données que nous sommes amenés à renseigner sur Internet. Lorsque nous souhaitons nous informer, consommer ou tout simplement dialoguer, ces informations nous sont régulièrement demandées.

Nous avons constitué, individuellement, notre carte d’identité virtuelle. L’utilisation de notre double numérique fait partie de notre quotidien. Et si nous n’avions plus besoin de manipuler sans cesse ces informations récurrentes ? Un tiers de confiance serait-il capable de stocker l’ensemble de ces données dans un système sécurisé et accessible en temps réel ?

 

La banque comme fournisseur d’identité numérique de confiance

De tout temps, nous avons accordé notre confiance aux institutions bancaires. Les banques représentent un acteur perçu par la majorité des citoyens comme un tiers de confiance.

Depuis la crise de 2008, de nombreuses évolutions de la réglementation ont été réalisées pour surveiller les acteurs bancaires et les obliger à toujours plus de transparence.

Une surveillance qui pèse aujourd’hui très lourd sur le secteur mais qui représente un gage de sécurité supplémentaire s’agissant de la gestion de notre identité numérique. Lorsque la question se pose de savoir quel type d’institution pourrait assumer cette responsabilité, les banques apparaissent donc être des acteurs crédibles.

 

La connaissance client, un enjeu majeur des banques

Soumis à de fortes contraintes dans le cadre de directives européennes relatives à la LAB-FT (Lutte Anti Blanchiment-Financement du Terrorisme), les banques se doivent d’avoir une parfaite connaissance de leurs clients.

Avec une maîtrise de notre identité numérique, la collecte d’informations nécessaires au respect de la réglementation en serait grandement facilitée et les dépenses inhérentes réduites drastiquement.

Face à ce constat, les banques présentent un intérêt grandissant envers la gestion de notre jumeau virtuel. Des initiatives ont déjà été menées au Canada ou encore en Angleterre où le gouvernement britannique a choisi Barclays comme partenaire pour le lancement d’une plateforme de vérification d’identité.

Si la gestion centralisée de notre identité numérique via un modèle universel fédéré n’en est qu’à ses premiers balbutiements, il apparaît évident que cette problématique représente une question clé de demain.

Et bien que les obstacles soient nombreux (obtenir l’adhésion des clients, redéfinir un modèle de gestion de la donnée en cohérence avec la GDPR, permettre une coopération interbancaire, garantir une sécurité renforcée, etc.), les banques peuvent avoir un rôle important à jouer.

Auteur: Adrien DEGOUTTE

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