Gazélec : Les moments forts de la matinée Elec

Les révolutions, que le gaz et l’électricité sont en train de vivre, figurent parmi les thématiques phares du Congrès Gazélec 2016, et vont demander une grande agilité et remise en cause des business models de tous les acteurs de l’énergie pour capter le maximum de valeur.

De l’autre côté de l’atlantique, la révolution est déjà en marche, et des événements fortuits, tels que la fuite de gaz géante vécue par la Californie, accélèrent ce mouvement, traité dans notre prochaine analyse.

Les 4 moments forts de la matinée de Gazélec / mini compte-rendu :

Table ronde 1 : Un nouveau monde de l’énergie : évolution ou révolution ?
| Intervenants : Géraud GUIBERT (LA FABRIQUE ECOLOGIQUE), Jean Paul TRAN THIET (INSTITUT MONTAIGNE), Olivier MENUET (SNCF)

Table ronde 2 : Grands sujets de la libéralisation du marché de l’électricité
| Intervenants : Mareva EDEL(UNIPER France), Gildas BARREYRE (UNIDEN et NOVACAP), Christine LE BIHAN – GRAF (DE PARDIEU BROCAS MAFFEI AVOCATS), Julien TOGNOLA (DGEC), Patrice BRUEL (EDF), Christophe LEININGER (CRE), Gilles LE MOUILLOUR (ENGIE), Frank ROUBANOVITCH (CLEEE)

 

Direct Energie : Un fournisseur sensible à la transformation digital
Par Xavier Caïtucoli, PDG de Direct Energie

Direct Energie avec 1,6 Million de clients s’est centré sur le service et le digital. Direct Energie veut jouer la carte de la différenciation pour ne pas être un simple fournisseur de commodité. Leur fragilité et leur différence de capacité financière les oblige à une stratégie différenciée surtout après leurs premières années très difficiles. L’objectif de Direct Energie est aujourd’hui de conserver leur 3ième place dans le classement des fournisseurs en se focalisant sur une relation client de qualité et des services digitaux innovants. Lors de Gazelec, Direct Energie a annoncé le lancement d’une offre multi-sites ‘Octopus’ permettant la maitrise de la demande d’énergie à destination des électro-intensifs basée sur des compteurs intelligents.

 

La mise en place accélérée du mécanisme de capacité au 1ier janvier 2017
Des fournisseurs comme Engie sont pour une mise en place rapide, dès l’accord de la Commission Européenne, pour démarrer dès le 1ier janvier 2017 et avoir des enchères en décembre. En revanche les consommateurs et autres fournisseurs comme Uniper regrettent cette implémentation de dernière minute, même si les travaux ont commencé dès 2009 : ils ne peuvent pas fournir à leur DG de lisibilité budgétaire sur l’énergie pour 2017, et le marché semble être actuellement gelé, dans l’expectative des futurs niveaux de tarif des capacités. La Commission Européenne a demandé à faire participer les capacités des centrales hors de France , ce qui renforce le rôle des interconnexions dans le mécanisme. Par ailleurs, la CE est en train de rédiger un nouveau paquet législatif européen, avec une forte dimension régionale, ce qui nécessitera d’adjoindre au mécanisme national actuel des orientations régionales, notamment avec la prise en compte des capacités aux frontières.

 

L’uberisation rampante du secteur de l’énergie, vivant une double transformation, digitale et écologique
L’énergie est en train de passer d’une logique de flux de matière à des flux de capitaux, avec de forts besoins d’investissements pour la produire sans rejeter du CO2. En parallèle, l’économie du partage et du foisonnement se développe dans différents secteurs, et l’agressivité technique et commerciale des GAFA laisse planer le risque de capture de la valeur. Ils sont de plus capables de passer hors régulation et de « ringardiser » certaines solutions de compteurs électroniques en le by-passant, ce qui n’aurait alors plus d’utilité pour le consommateur, et de créer des applications disruptives avec toutes les données récoltées. Dans les prochaines années, il faudra être en mesure de faire évoluer les systèmes traditionnels pour suivre les nouveaux usages.

 

Un mix énergétique pragmatique à construire pour les années à venir
Pour réaliser la transition énergétique et réduire nos émissions, il est nécessaire de traiter l’énergie avec pragmatisme, en séparant bien :

  • Les clients résidentiels et petits pros/PME, qui pourront être alimentés avec de l’énergie produite localement, de manière décentralisée
  • Les industriels, qui ont besoin d’une importante puissance, et qui devront continuer à être alimentés par une production centralisée, par exemple avec les centrales nucléaires

Des fournisseurs et électro-intensifs sont pour une prolongation de l’ARENH après 2025, à la fois pour sécuriser les investissements des industriels en France, et pour conserver un mix énergétique compétitif alliant nucléaire et énergies renouvelables. La forte poussée actuelle des prix de gros fait en effet revenir en grâce l’ARENH, en soulignant son rôle d’absorbeur de la volatilité du marché.

Le pitch Startup : Restore, un acteur à suivre 

Fiche d’identité : startup belge gérant l’équivalent de 400 et bientôt 800 MW avec 40 personnes, dont 25 développeurs, pour un coût très réduit par rapport aux centrales physiques

Leur volonté : ubériser le monde de l’énergie

Leurs réels clients : les gestionnaires de réseaux, les industriels, entreprises et particuliers ayant plus un positionnement de partenaire

Leur mode d’action : équiper les sites de capteurs et automates (ou chaudières pré-équipées), récupérer massivement les données pour identifier la flexibilité, et valoriser la flexibilité au travers de Virtual Power Plant, avec temps de réponse immédiat

Un atout pour les gestionnaires de réseaux : la gestion temps réel automatique

Auteur: Stéphane Dubreuil

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