L’« Instant Payment » arrive en France

D’ici fin 2018, on ne vous demandera peut-être plus uniquement votre « 06 » pour essayer de vous joindre, mais peut-être pour vous rembourser, par exemple, le billet de concert que vous avez gentiment avancé pour votre ami… Tel est le projet de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui souhaite mettre à la disposition des particuliers un « service utilisant le numéro de téléphone mobile comme substitut de l’IBAN ». N’ayons crainte, cela ne veut pas dire que notre cher IBAN (International Bank Account Number) disparaîtra. L’idée est de constituer une sorte de « bottin européen » pour le paiement mobile dans lequel le numéro de téléphone redirigera vers le numéro de compte bancaire de son choix… Mais dans quel but ?

Ce nouveau service pourrait en effet faciliter l’arrivée de « l’Instant Payment » ou « Paiement instantané » (IP) prévue en cette fin d’année. Ce nouveau type de paiement par virement, initié par le comité européen des paiements (EPC), devra permettre de valider une transaction en moins de 10 secondes, et ce 24h/24 et 365 jours par an, alors qu’il faut patienter jusqu’à 1 jour ouvré (soit hors week-end et jours fériés) actuellement. Il aura un caractère irrévocable mais sera néanmoins limité à un plafond de 15 000 euros.

Quels impacts pour les acteurs bancaires ?

A partir de novembre 2017, les banques européennes seront en mesure de proposer (sans aucune obligation) ce nouveau service de virement instantané dit « SEPA Instant Credit Transfer scheme » (SCT Inst) à leurs clients. Cela implique qu’elles devront certainement faire évoluer leurs systèmes d’information, adapter leurs interfaces et leurs offres à ce nouveau type de paiement, mais également anticiper le type de fraude… On peut donc imaginer que cela prendra un petit peu de temps !

Cependant, les établissements financiers ne seront pas seuls dans cette quête du temps réel et devront savoir faire preuve d’agilité. En effet, avec l’introduction de la Nouvelle Directive Européenne sur les Services de Paiement (DSP2) prévue en janvier 2018, il sera possible pour les startups (type Fintech) et autres géants du Web (Facebook par exemple), de jouer un rôle majeur et de défier les banques. Outre le fait de renforcer et harmoniser les services de paiements à travers l’Europe, cette nouvelle Directive ouvre en effet le Marché à ces nouveaux acteurs, ce qui n’était pas envisageable jusqu’à présent.

La France à la traîne

Si l’arrivée de « l’ Instant Payment » retentit comme une révolution sur le Marché financier français, ce mode de paiement est devenu monnaie courante dans d’autres pays, notamment au Royaume-Uni (Faster Payments, créé en 2008, a traité plus de 1,2 milliard d’opérations en 2016), en Suède (Swish, créé en 2012, comptabilise près de 5 millions d’abonnés), au Danemark (MobilPay, créé en 2013 par Danske Bank, s’approche des 3,5 millions d’abonnés), mais également en Italie (Jiffy, créé en 2014, annonce ses 4,2 millions d’utilisateurs) ou en encore en Espagne (Iberpay, créé en 2005, a traité 1 745 millions de transactions et plus de 1,9 milliard de transactions sur l’année 2016). Le précurseur reste incontestablement le Japon où ce service existe depuis 1973 par la création de « Zengin » et couvre actuellement presque toutes les banques privées au Japon pouvant réaliser près de 20 millions de transactions par jour.

A la vue de ce Marché prometteur, on attend avec impatience de voir ce que les banques françaises (et autres) nous réservent en la matière… Affaire à suivre !

Auteur: Jessica DELATTRE

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