Paris Fintech Forum 2017 : les FinTechs ne sont plus une menace !

Depuis 2015, le Paris Fintech Forum réunit le monde des Fintech et de la finance sur 2 jours autour de Pitchs, keynotes, interviews, conférences et hall d’exposition. C’est un évènement très attendu, avec beaucoup de FinTechs de haut niveau mais aussi une présence remarquée des banquiers et assureurs de la place. Cette année, il a accueilli les 25 & 26 janvier plus de 2000 participants, 130 FinTechs venues de 26 pays et plus de 200 dirigeants issus du monde de la banque, de l’assurance, des opérateurs télécoms et de la régulation.

Le principal message véhiculé lors de cette édition 2017 était « les finTechs ne sont plus une menace ». La plupart des conférences abordaient le thème de la collaboration entre banques traditionnelles et FinTechs. Selon beaucoup, l’arrivée de la DSP2 (directive de service de paiement 2) acte la collaboration entre ces deux acteurs afin de se recentrer sur les besoins des clients. Une stratégie numérique au sens large implique nécessairement de repenser les business modèles et donc la collaboration avec les startups sont au cœur de ces problématiques. Selon la direcclaire-calmejanetrice de l’innovation de la banque anglais Lloyds – Claire Calmejane, l’open innovation et les investissements en startups permettent aujourd’hui aux banques d’avoir un pouvoir d’innovation beaucoup plus étendu. Elle identifie 4 niveaux de maturité des banques et de leur collaboration avec des FinTechs : l’accélérateur ou le mentorat (la prise de conscience), le partenariat (l’expérience), l’investissement (être acteur), l’acquisition (se transformer). Sur les deux derniers niveaux, la directrice de Lloyds estime que les banques ne sont qu’aux balbutiements et que c’est sur ce terrain que nous observerons les rapprochements FinTechs et banques dans les années à venir.

L’ère de la collaboration entre FinTechs et acteurs traditionnels s’est bien été amorcée ces dernières années et les acteurs n’hésitent pas à partager leurs retours d’expérience. Voici quelques conseils recueillis lors de l’évènement provenant des FinTechs et des banquiers qui travaillent avec des FinTechs aux banques qui ne travaillent pas encore assez avec des FinTechs :

  • Rester humble
  • Se concentrer sur les clients et leurs besoins
  • Essayer d’être plus pédagogique et moins arrogant
  • Devenir beaucoup plus centré sur l’utilisateur
  • Créer des solutions fast track pour travailler avec des Fintechs
  • Expérimenter et faire des choix très difficiles

Autre nouveauté cette année, une présence plus marquée des InsurTechs et Regtechs. En effet, à la création du Paris Fintech Forum il y a deux ans, les organisateurs peinaient à identifier ces acteurs. Les startups s’attaquent de plus en plus au monde de l’assurance qui rencontre aujourd’hui la même problématique que les banques, à savoir satisfaire leurs clients. Une pointure du domaine a introduit le sujet dans l’auditorium du palais Brongniart : Thomas Buberl. S’exprimant sur la transformation numérique, le CEO d’AXA présente ce phénomène comme l’opportunité d’adresser un problème fondamental du monde de l’assurance : l’absence de contact direct avec le client.

Directeur général du groupe Axa depuis le 1er septembre 2016, Thomas Buberl veut s’appuyer sur une « communauté de partenaires » car il a conscience que sa stratégie d’ensemble repose sur la collaboration. Pour lui, l’entreprise doit se transformer par sa capacité à créer une situation d’urgence et à rester connectée avec ses clients. AXA s’appuie sur un environnement d’innovation selon 4 axes pour se transformer : Axa Next pour réfléchir sur les nouveaux business modèles, Axa Partner pour régir les partenariats, Axa incubateur doté de 100 millions d’Euros pour créer des nouveaux modèles et services et un fonds d’investissement pour développer la stratégie.

Au-delà de la création nécessaire d’un écosystème entier pour favoriser l’innovation, il énonce aussi les difficultés de combiner une politique d’innovation et le changement culturel des collaborateurs. Selon lui, seuls deux modèles d’innovation sont possibles :

  • Pour les pays traditionnels : réinventer les parcours clients
  • Pour les marchés émergents : créer de l’innovation avec un nouveau système ne souffrant pas d’infrastructures existantes et ne reproduisant pas les vieux modèles. Pour la Chine, c’est la stratégie mobile.

Nul doute que l’an prochain, l’évènement accueillera davantage de RegTechs et InsurTechs, leur existence commençant clairement à fulminer.

Auteur: Audrey PRÉVOST

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