Perspective de transport : les navettes autonomes

naviaStar du congrès mondial ITS de Bordeaux en octobre 2015, la navette autonome a suscité un vif engouement de la part des acteurs du secteur. De nos jours, partout dans le monde, des expériences fleurissent et ce nouveau marché est en plein essor.

Un marché dominé par les français

Actuellement, deux constructeurs français, Navya et Easymile, se partagent le marché national et dominent le marché mondial. En effet, depuis quelques mois, ces deux sociétés remportent de nombreux contrats internationaux d’expérimentation. Pour Easymile, l’Australie, le Japon, la Californie, les Pays-Bas ou encore Dubaï, sont autant de terrains d’expérience. Navya exporte également ses navettes autonomes aux quatre coins du globe. Récemment, la société a expérimenté sa navette sur route ouverte à Las Vegas. À terme, Navya prévoit de déployer 200 navettes autonomes (contre 80 pour Easymile) dont 90 en Europe.

Des essais en cours déjà concluants

De nombreuses expérimentations sont en cours. Le 2 septembre dernier, la navette lyonnaise, dénommée Arma, fut la première en date et est, pour le moment, un succès : aucun incident n’est survenu, la technologie a été améliorée avec l’ajout de freinages d’urgence moins brutaux en cas d’obstacles, et les utilisateurs sont pleinement satisfaits. La capitale a également été terre d’expérimentation du 23 janvier au 7 avril dernier, avec une navette circulant entre les gares de Lyon et d’Austerlitz sur le pont Charles de Gaulle. À Rouen, la navette Easymile EZ10 a parcouru les quais de Seine, transportant en moyenne 250 personnes par jour.

Un marché soutenu par les opérateurs français

Tous ces essais couronnés de succès sont un formidable argument de vente et ont permis d’attirer de nombreux investisseurs, dont des opérateurs français. Les opérateurs français commencent à se positionner sur ce marché d’avenir. En effet, Alstom vient de devenir actionnaire minoritaire d’Easymile suite à un investissement de 14 M€. Dans un même temps, Keolis a participé à la levée de fonds de 30 M€ de Navya.

Une offre justifiée par un besoin de renouvellement de l’offre de transport

Outre la réussite de ses expérimentations, les navettes autonomes suscitent l’intérêt des investisseurs, et plus particulièrement des gestionnaires de transports publics, car elles répondent à une problématique clé de la société d’aujourd’hui : comment répondre aux demandes de mobilité non satisfaites (premier et dernier kilomètres, territoires peu denses…). Grâce à sa grande flexibilité et à sa fourniture d’un service à moindre coût (justifié par l’absence de conducteur), la navette autonome apparait comme une solution à ces problèmes de mobilité.

Ce développement des navettes autonomes a ouvert la voie à d’autres voies de transport autonomes. Transdev travaille actuellement sur un projet de « robot-taxi sur la base d’une Zoé ». Mercedes Benz a dévoilé en juillet un prototype de bus autonome et le teste actuellement aux Pays-Bas. La France demeure, pour l’heure, leader de ce marché mais elle doit veiller à continuer de faire évoluer ses produits car de nouveaux acteurs pourraient bientôt arriver sur le marché.

Auteur: Pierre LIGER

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