Brexit : what’s next ?

Avez-vous remarqué ? Depuis combien de temps n’avez-vous pas dit ou entendu dire le mot qui faisait trembler toute l’Europe il y a de cela quelques semaines ? Ce mot Brexit, contraction de Britain et Exit, symbolisant la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

Le processus est toujours ouvert mais où en est-on vraiment ? Près de 3 ans après la victoire du « Leave » au referendum du 23 juin 2016 et à quelques jours des élections européennes, qui seront également organisées outre-Manche, quelles sont les grandes dates à retenir et les scénarios ouverts à ce jour ?

Constat d’échec

Le déclenchement de l’article 50 – le 29 mars 2017 – permettait de donner 2 années aux parties prenantes pour trouver un accord de sortie ordonnée du Royaume-Uni. Mais c’était sans compter les divers jeux politiques et économiques dont les démocraties occidentales sont les victimes. Une véritable pièce de théâtre en plusieurs actes ayant pour épicentre le Parlement Britannique de Westminster.

Rendez-vous compte, l’accord négocié entre Theresa May et le représentant de l’UE Michel Barnier a été retoqué pas moins de 3 fois par les députés de la Chambre des Communes. Ces multiples revers qui auraient dû condamner les gouvernants en place ont surtout donné un goût d’inachevé et d’amertume pour les citoyens britanniques et un spectacle affligeant des dirigeants envers le peuple qu’ils représentent.

Une économie britannique déjà et toujours impactée

Cet échec est également un préjudice sans précédent pour la place financière londonienne et plus largement pour toute l’économie du pays en la plaçant dans une situation des plus inconfortables car dans l’incertitude totale. Certaines analyses font d’ores et déjà ressortir un impact sur la croissance britannique de plusieurs points de PIB et alors que le Royaume-Uni réalise plus de 55% de ses importations et 45% de ses exportations, en valeur, depuis et vers l’Union Européenne.

Pour y voir plus clair et suivre attentivement ce Brexit interminable, l’agence Bloomberg a créé le Bloomberg Brexit Barometer. Cet indice, mis à jour quotidiennement, suit le bien-être économique au Royaume-Uni à partir d’une compilation de plusieurs indicateurs macroéconomiques. Il fait apparaître un léger mieux depuis la fin du mois d’avril mais reste très en deçà de son niveau d’avant référendum.

L’Europe s’agace

Lors du Sommet Européen extraordinaire du 10 avril dernier qui s’est tenu à Bruxelles, les 27 Etats membres de l’UE se sont accordés sur une nouvelle date butoir pour ce Brexit qui n’en finit pas. Accordés mais surtout écharpés… notamment à cause de la vision des dirigeants français qui, Président de la République en tête, poussent pour un Brexit rapide dans le cadre de l’accord trouvé en novembre dernier.

Ce Brexit a été et est toujours l’occasion une nouvelle fois d’étaler au grand jour les divisions et les intérêts divergents des 27. Chacun d’eux n’agissant que dans son propre intérêt, faisant régner une cacophonie impressionnante et une lutte de pouvoir entre grands et petits pays européens.

Scénarios

Dans ce contexte, les différents scénarios possibles et leur probabilité associée au vu des éléments actuels sont à recalibrer. Les dirigeants britanniques et européens se sont donnés comme nouvelle date butoir le 31 octobre 2019, date de la célèbre fête du monde anglo-saxon, pour parvenir à une sortie ordonnée en espérant que les fantômes et autres citrouilles maléfiques ne viendront pas hanter ce Brexit devenu interminable

5 scénarios principaux se dégagent désormais, le premier suppose l’obtention d’un compromis entre Travaillistes et Conservateurs pour entrevoir la possibilité d’un vote favorable des députés sur l’accord de sortie négocié.

Le second serait de rassoir à une même table négociateurs britanniques et européens pour la production d’un nouvel accord de sortie qui satisferait toutes les parties. Etant donné le temps déjà alloué au premier accord, on imagine mal cette possibilité, d’autant plus que le représentant de l’UE, Michel Barnier, a fermé la porte à cette éventualité.

Le troisième, celui d’un nouveau report, sans doute plus long que le précédent, qui nécessite la tenue d’un nouveau Sommet Européen extraordinaire, réunissant les 27 membres pour statuer sur une nouvelle date plus lointaine encore.

Le suivant est la hantise des acteurs économiques et politiques du continent et outre-Manche, le scénario d’une sortie désordonnée, dans le cadre d‘aucun accord. Ce No Deal plongerait l’Europe et le Royaume-Uni vers une inconnue que seuls quelques hard-brexiters souhaitent voir émerger.

Enfin, last but not least, l’annulation du Brexit via la révocation de l’article 50 qui paraissait jusque-là improbable et qui est toujours un scénario envisageable.

Veille nécessaire

Le Brexit disparaît donc peu à peu des esprits mais le risque demeure présent notamment pour l’avenir des relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE. Une veille précise couplée à une analyse de l’existant et des perspectives peut ainsi permettre de parer à toutes éventualités.

Ce film qui paraît sans fin rend plus que jamais indispensable une préparation préalable des plus complètes, particulièrement pour les acteurs financiers tels que les banques d’investissement, les asset managers et les banques privées afin de rester opérationnel quel que soit l’issue finale.

Auteur: Maximilien BILLION

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